Le dedans du fort de Villey-le-Sec

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Détail du canon revolver du coffre double de contrescarpe

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Canon de 12 culasse du coffre double de contrescarpe

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Gaine de communication entre le fort et le coffre double de contrescarpe (featuring MC Dédé)

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Gaine de communication entre le fort et le coffre double de contrescarpe

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Gaine de communication entre la tourelle Mougin de 155mm et l’accès au coffre double de contrescarpe et les accès sur les dessus

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Gaine de communication entre la tourelle Mougin de 155mm et l’accès au coffre double de contrescarpe et les accès sur les dessus

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Puits desservant les étages donnant sur les dessus

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L’une des quatre cours intérieures

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Caisse de douceurs et de mots doux. Pffff. Des questions?

Le fort de Domgermain

On en parlait il y a peu, et voici que resurgit, bicorne au vent, le général Raymond Adolphe Séré de Rivières, concepteur de la ligne fortifiée éponyme qui entre 1873 et 1918 eu pour objectif de protéger la nouvelle frontière en Lorraine, et plus ponctuellement toute la frontière orientale française. Les célèbres forts de Vaux et de Douaumont, à Verdun, c’était lui, bien que ces forts, connaissant le feu quarante ans après leur construction, et malgré de fréquentes modernisations, eurent dans ce cas à affronter un type de combats qui n’était celui supposé avant guerre.

Toujours est-il qu’ici, sur la Place Forte de Toul, on n’avait pas lésiné sur les moyens, et à plus d’un titre les Allemands redoutaient ses canons, et ne s’y frottèrent point. Comme ils ne parvinrent pas à prendre Nancy, il n’en était de toutes manières pas question. Les forts de Toul n’ont donc pas connu le feu.

« Mais alors, il n’ont servi à rien! » me disaient souvent les visiteurs quand je faisais visiter l’un de ces forts. Que nenni, béotien crapuleux. Que nenni.

Le but d’une telle place forte, c’est de permettre de mobiliser des troupes à couvert, d’avoir une sorte de sanctuaire et de pousser l’ennemi à passer dans l’espace restant, soit là où les armées de campagne l’attendent. En ce sens, Toul a été efficace. Si le front était à des kilomètres de là, quoique pas si loin en direction de Pont-à-Mousson et de la Woëvre, il était certes hors de portée. Il faut donc ne pas croire que Toul était vide soldats, tous partis se faire patriotiquement trouer la bedaine en Meuse. Bien au contraire, un front s’organise dans la profondeur, et la place de Toul était grouillante d’activité: logistique, ravitaillement, trains de Paris et d’ailleurs, régiments au repos, hôpitaux militaires…

Bien. Focalisons à présent sur le fort de Domgermain. Il a une histoire un peu particulière. La majorité de ces forts furent délaissés après la Première guerre mondiale, car on les savait obsolètes. Ils restèrent à l’armée, avec un entretien minimal, avec des tas d’usages différentes, souvent dépôts, terrains de manœuvres, site d’expérimentations militaires sur les matériaux… majoritairement déclassés en 1940, la ligne Maginot ayant pris le relais. En passant, Ligne Maginot qui fut une vraie réussite technique et tactique, mais une erreur à l’échelle stratégique et géopolitique. On notera que certains forts Séré de Rivières connurent le feu en 1940, en particulier dans les Alpes où ils contribuèrent à repousser l’armée italienne qui fut tenue en échec alors même que nos cousins germains défilaient déjà à Paris. Les Allemands occupèrent ensuite ces forts, en firent souvent des dépôts de munitions, ferraillèrent à tout va, et s’y planquèrent aussi en 1944, comme à Villey-le-Sec ou Manonvillers, ce dernier déjà bien dézingué en 1914 en prenant pour l’occasion une couche supplémentaire. Si bien qu’en 1945, il n’y avait plus qu’à les déclasser. Restés longtemps propriété de l’armée, ils ont été souvent progressivement abandonnés à leur sort. Parfois on venait y faire crapahuter quelques conscrits, et leur jeter des grenades à plâtres à la gueule pour les réveiller-ah-ah-ah-c’que-vous-êtres-drôle-mon-sergent-tant-d’humour-au-matin-j’en-perds-un-oeil-dis-donc. Quelques-uns eurent des fonctions moins sordides, si l’on peut dire, comme le Rozelier à Verdun, dépôt de munitions, ou le Salbert à Belfort sous lequel on creusa une station radar de l’OTAN qui d’ailleurs fonctionna à peine quelques années. Domgermain très tardivement, jusqu’au début des années 2000, fut conservé par l’armée et activement utilisé comme terrain d’entraînement et dépôt de munitions, ce qui explique ses modifications très nombreuses dont des guérites sommitales du plus douteux effet, mais si l’armée sacrifiait l’efficacité à l’esthétique, ça se saurait. L’armée s’en étant séparé, c’est aujourd’hui la commune qui en est propriétaire et qui ne peut pas faire grand chose d’autre que de le regarder se dégrader. On s’instruira sur ce fort, et un peu tous les autres à loisir sur le très complet Index de la Fortification Française.

Bon, on était pas là pour voir quelques photos? Si. En passant, on y verra une tourelle cuirassée pour deux canons de 75mm, modèle Galopin, éclipsable, organe d’artillerie qui au combat se révélera particulièrement efficace. Vous la reconnaîtrez, c’est elle qui ressemble à un buzzer de Questions pour un Champion.

J’essaye aussi la galerie photo, vu qu’elles sont nombreuses. Dans certains cas c’est peut-être pas mal, et je peux même les mettre en plus gros format par la suite du coup. Vous me direz ce que vous en pensez, vu que je ne sais pas ce que j’en pense vraiment. Ça vous demande en effet l’intolérable surcroit de travail qui consiste à cliquer sur les photos, mais dans un monde où Stallone se fait vieux, c’est pas du luxe non plus de se muscler au moins l’index.

 

Le joli Bois l’Abbé

Retour dans les Vosges et dans les forts. Quelques photos du fort de Bois l’Abbé, tout en pierre de taille et vraiment bien beau, avec des qualités esthétiques indéniables pour peu qu’on aime un peu la pierre. Comme ceux présentés précédemment, c’est un fort de la ligne Séré de Rivières, ici du camp retranché d’Épinal, construit dans les années 1870. On en saura plus ici, car il est géré par l’association qui est basée au fort voisin d’Uxegney. Qui se visite et qui est fort recommandable dans son domaine. Ces photos datent de 1998 (ah, mon doux Minolta argentique, pourquoi as-tu rendu l’âme, un triste jour de mars 2003?), alors que Bois l’Abbé était en cours de dégagement -mais c’était déjà joliment bien avancé-.

 

Week-end Séré de Rivières dans le Toulois

Ouverture les 3 et 4 mai de plusieurs ouvrages et forts Séré de Rivières, du nom de leur concepteur, sur la place forte de Toul.

Ici, petites séquences costumées pour illustrer la pierre et le béton dans le bois du Vieux Canton à Villey-Saint-Etienne.

Je suis content d’y être allé et de filer parfois un coup de patte: il fait toujours bon rencontrer, dans ce milieu parfois « spécial » du patrimoine fortifié, des gens ouverts, accueillants, scrupuleux, compétents, dynamiques et humbles.