Les fantômes de la Vieille Ville

La Vieille Ville de Nancy brille, aujourd’hui. Plutôt bourgeoise, plutôt coquette, les touristes s’y pressent pour ses monuments, ses musées, mais aussi les Nancéiens, pour ses restaurants, pour ses bars, ou juste pour le plaisir d’y être. Tu es à deux pas du grand parc de la Pépinière, à deux pas des grandes artères commerçantes, à deux pas du Faubourg des III Maisons. Tu aurais tort de te priver. Mais les gens qui braillent sottement aujourd’hui sur «l’insécurité», et la mairie en premier, semblent avoir la mémoire courte. Oui, comme partout, il peut y avoir des problèmes, mais alors que les actes d’agression et d’incivilité ont rarement été aussi faibles dans l’histoire de la ville, ils oublient que jusqu’aux années 1970, et le très gros effort de réhabilitation des lieux, certains coins de notre Vieille Ville étaient fort peu recommandables, voire dangereux. C’est assez logique: le plus vieux quartier de la ville… insalubre, par endroits misérable, où un coup de couteau égaré est vite arrivé. Certains soirs, en hiver, quand la nuit se ramène, et que l’éclairage public tarde à venir, quand le temps est de plomb… j’ai l’impression que ces fantômes d’un passé dit mal famé traînent au coin des rues de ce quartier aujourd’hui aisé.

Tiens, en parlant d’insécurité, j’ai lu un jour en commentaire sur un site local pas passionnant des Nancéiens qui écrivaient: «mon mari et moi n’osons plus sortir par peur d’insécurité». Eh bah, on n’est pas rendu.

Nancy, la Saint-Nicolas jusqu’au bout de la nuit

Jusuq’au bout de la nuit, bon. Il devait être 21H30 quand je suis rentré en faisant ces photos. Ouais bah on s’fait vieux, hein, c’est bon.

Comme j’étais énervé de l’annulation du défilé, à cause, nous a-t-on dit, de la menace terroriste! Mais vener à mort, j’étais! J’aime pas trop les abdications en rase campagne (ou les économies déguisées, va savoir). Nancy, ville historiquement bourgeoisement modérée, vire dans l’hystérie feutrée de la pondération radicalisée, faut croire. Enfin, c’est aussi à ça qu’on se rend compte que les fêtes populaires n’ont plus grand chose à voir avec le peuple depuis longtemps, hormis leur consommation par ce dernier le jour J.

Mais bon, je râle, je râle, mais en vrai, c’était chouette, en particulier la Soupe à la Marmaille place de la Carrière, et toute la fête qui allait avec. Parce que ça, c’est de la fête, hein. Et la fête c’est quand les gens doivent mettre les mains dans le cambouis et faire des choses ensemble. La fête c’est voir les gamins ravis de faire du manège AVEC leurs parents, d’être poussés par eux sur des bordels créatifs et bidouillés mais requérant la participation de tous pour fonctionner. C’est de les voir en fait se bidonner ensemble, au lieu de rester passifs à regarder bêtement tourner leur gamin au regard vide sur des grands manèges électriques à 800 000 000 $ (et je n’exagère pas, c’est vraiment pas mon genre), en faisant coucou ou en essayant de faire une photo pourrie avec leur smartphone, sans finalement rien partager avec le mioche.

Et même si je regrette, un peu par principe, le vrai grand défilé, faut dire que les zouaves qui faisaient de l’ours polaire («des Indiens qui font de la fumée qui pue mais qui ont un PUTAIN d’ours polaire», c’est ainsi qu’un camarade me les a vendus) étaient assez magiques, et un peu punks sur certains bords. Dans le contexte, au final, le défilé me manque, c’est quand même le moment important de ce bon vieux copain Nico, avec sa barbe, ses bonbons et son Père Fouettard (qui d’ailleurs a disparu des écrans radars à Nancy, pour ce que j’en ai vu… ah, bah il devait pas faire bien dans la vitrine… la communication et l’image de marque, quelles plaies!). Même, le défilé aurait été plus logique que les «Indiens» qui puent avec un ours: c’est mon côté conservateur. Après, objectivement, ça fait du bien aussi de voir des trucs super créatifs, merveilleux au sens cool à mort, qui changent de la routine plan plan. Y’en aura des photos de la fête dans un autre billet.

Enfin bon, allez, j’vous laisse, je vais prendre mes cachets contre la schizophrénie, hein.

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Le cul du Faubourg

Le Faubourg des III Maisons, à Nancy, a un cœur, et tout autour, un cul. Sa morphologie est assez suspecte, en effet. Ce que j’appelle avec affection le cul du Faubourg, ce sont tous ces endroits qui n’en sont pas loin, mais sans en être, qui sont «derrière» le Faubourg, et comme ce derrière, ce cul, change de place selon la direction par laquelle on arrive, forcément, il est tout autour. Sauf peut-être côté canal, ce dernier coupant net le quartier, ne générant donc point de cul.

A ce titre, et pour faire un peu de provoc’ gratos, on peut donc dire que la Vieille Ville de Nancy n’est rien d’autre qu’un des culs du Faubourg! (et puis comme ça je peux du coup en caser une de la série, prise Grand Rue…)

En tous cas, la géographie imaginaire, c’est un chouette sujet. C’est plein de lieux anecdotiques, pas toujours cohérents et plein de sens pourtant, comme ci-dessous.

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Entre nous et la Craffe…

Je vais te faire une démonstration, tu vas voir. Ça commence:

Bonjour à tous! Aujourd’hui, je vous confie une petite photo de la porte de la Craffe que j’aime beaucoup, car elle date de 1997, une année importante pour moi, prise en argentique, en plus, avec mon père, de surcroît. C’est vraiment entre nous, car je ne la ferai point paraître, comme la plupart des mes billets de fin de journée, sur la page Facebook « Un Dimanche en Lorraine ».

Fin.

Je t’ai filé un coup de coude complice, je t’ai casé qu’il y a une page Facebook, je n’ai pas donné le lien, mais l’intitulé, donc elle est vraiment trouvable, je suis un produit. J’ai obtenu le label Stromaé, fastoche.

Et au final? J’ai eu une remarque cynique complice à propos de Facebook dont je me sers pourtant tout en t’y attirant objectivement. Donc?

Donc vivement que Fukushima donne son maximum, que ma dignité revienne aux fondamentaux.

(Amis optimistes, bonsoir)

 

NB. Ah ah ah, à faire mon malin désabusé alors que non, je viens de me rendre compte que cette photo ne date pas du tout de 1997, qu’elle est faite au Reflex numérique, et sans mon père, et que je me suis tout gouré de photos lors de la mise en ligne. Ça m’apprendra à faire le rebelle en carton pâte.

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La vieille pluie

Y’avait quelques temps qu’elle n’était plus venue sur Nancy, l’amie pluie. N’en déplaise aux crétins héliotropés du bulbe, qui râlent en permanence et ne sont jamais contents du temps qu’il fait, la pluie était bien jolie, l’autre matin, dans mon vieux Nancy…

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