Nancy, 2002-2004

Au programme, un orage avec arc-en-ciel rue Charles de Foucauld (et au fond à gauche les immeubles du quartier Jéricho-Saint-Michel côté Saint-Max qui sont encore en place), la construction de la passerelle piétonne doublant le pont de la Concorde qui franchit la Meurthe au niveau de la Méchelle pour relier Tomblaine et Nancy, et les rives de la Meurthe au niveau de la Méchelle juste après le bazardage des très chouettes jardins ouvriers pour faire une grande pelouse idiote, humide et inutile (notons au fond le stade Marcel Picot nouvelle version qui n’est pas encore terminé). Voilà voilà.

Belle journée à la Méchelle

Les jardins de la Méchelle, Tomblaine, 1998. Avant les projets débiles et hygiénistes proposant de les écraser de béton et de bitume pour faire plaisir à saint Con. Au premier plan, le potager du vieux Turc de la cité Fruhinsholz avec qui on faisait du troc, et aussi de la causette, ça va de soi. Ah bah c’est sûr qu’avec la grosse route pourrie bordée de gazon moche qui a pris la place de ce potager, on faisait moins de troc, et pis on causait moins du coup. Une route sans intérêt et un jardin, ça porte pas tout-à-fait les mêmes valeurs, faut dire.

img416

Ma bonne vieille Méchelle

Vue depuis Tomblaine vers la Méchelle à la fin des années 1990, au pied du pont de la Concorde, comme je l’ai connue longtemps, c’est-à-dire avec des vrais jardins sans parkings, sans accès à l’eau par une large route, sans redécoupage des rives (c’était un vrai étang, alors), avec des pêcheurs, et sans promenade clinquante et utile aux propres sur eux en roller. Dans le fond, il y avait encore la cheminée de la RIMMA que je n’aimais pas, et pourtant qui m’a fait une émotion bizarre quand j’ai assisté à son dynamitage. Tu ne l’aimes pas, mais elle fait partie de ta vie. C’est comme si un eugénisme bizarre était passé pour te rendre les choses meilleures malgré toi, et ce « malgré toi » est bien plus douloureux que de porter des laideurs.

Car moi aussi j’ai mes côtés réac’, bordel à cul! (de vierge enceinte, pour Monsieur Caussimon, qu’on peut écouter ci-dessous en se pâmant, pour accompagner ces quatre photos passéistes…).


 

dvp C 01.97 dvp C 01.97 img925 img926

Meurthe-Canal version 2002 (Nancy)

Tiens? Encore un vieux quartier de Nancy qui agonisait avant d’être remplacé par du normalisé. Le quartier Meurthe-Canal, en 2002, au moment du chant du cygne (bien avancé), ou de la fameuse curée. Bon, dans le fond, je ne critique pas le fait de recycler, refaire, parfois détruire pour du mieux. Mais vu la gueule des quartiers efficaces et sans génie qui sont sortis de terre depuis, des Rives de Meurthe à l’horrible nouvelle version du Port-aux-Planches… bon, voilà quoi. Le projet de l’Île-de-Corse m’interpelle un peu plus. J’attends de voir ce que ça donnera.

L'ancienne gare Saint-Georges, incendiée, puis ici en cours de démolition
L’ancienne gare Saint-Georges, incendiée, puis ici en cours de démolition

La Méchelle, en passant vite fait sur l'autre rive de la Meurthe, lors des travaux qui lui ont donné son visage actuel respectable et bien-pensant, et qui au détriment des jardins qui y survivent devrait carrément devenir rentable et performante, en plus. Et morte, aussi.
La Méchelle, en passant vite fait sur l’autre rive de la Meurthe, lors des travaux qui lui ont donné son visage actuel respectable et bien-pensant, et qui au détriment des jardins qui y survivent devrait carrément devenir rentable et performante, en plus. Et morte, aussi.

Du côté du Chemin des Cinq Piquets et de "Nancy-Bâches", il ne reste déjà plus grand-chose
Du côté du Chemin des Cinq Piquets et de « Nancy-Bâches », il ne reste déjà plus grand-chose

Du côté du Chemin des Cinq Piquets et de "Nancy-Bâches", il ne reste déjà plus grand-chose
On vient buter sur le canal du côté de la rue du Progrès.

Le quartier du Port-aux-Planches
Le quartier du Port-aux-Planches

Le quartier du Port-aux-Planches
Le quartier du Port-aux-Planches

L'ancien club d'aviron, qui, lui, est toujours là aujourd'hui. De plus en plus irrécupérable, avec un avenir de moins en moins probable.
L’ancien club d’aviron, qui, lui, est toujours là aujourd’hui. De plus en plus irrécupérable, avec un avenir de moins en moins probable*.

L'ancienne gare Saint-Georges, incendiée, puis ici en cours de démolition
L’ancienne gare Saint-Georges, incendiée, puis ici en cours de démolition

La voie ferrée Saint-Georges
La voie ferrée Saint-Georges

*NOTE: Entretemps, une personne qui suite la page Facebook (eh ouais, groovy baby) me contredit et me fait savoir que la mairie serait bien décidée à y développer un projet de guinguette. On notera que je suis bien content qu’on me contredise pour m’annoncer des trucs comme ça.

Le matin de l’orage dont on parle 5 – Pour en finir, rue Jean XXIII, rue Charcot, rue Barthou et au-delà…

Voilà, à une semaine de l’inondation, il n’en reste que peu de marques, on a nettoyé, rangé, lavé. Mais ça c’est vu de l’extérieur. Parce que c’est sans oublier qu’à l’intérieur des maisons, sous les maisons, on lutte toujours contre l’eau, l’humidité, la moisissure et la disparition de ses biens, et de ses vieux souvenirs noyés…

Et puis la factrice qui zigzaguait au milieu du caillon, et distribuait le courrier. Très classe. A cette occasion, souviens-toi que al prochaine fois que tu râles contre la Poste, fous la paix à la postière, fous la paix au monsieur du guichet, qui sont des gens comme toi, et vas t’adresser, si nécessaire par le truchement d’une arme contondante, aux directions et à leurs managers débiles mentaux car frais émoulus des écoles de commerce et de management de merde, dont on se demande une seconde quel rapport elles ont avec un service public, si ce n’est collectif et essentiel comme celui-ci. Andate a morire ammazzati, tas d’cons.

En passant, une pensée pour le vieux salon de coiffure de l’Antonio, et une pensée pour sa fille, que j’aimais bien. Et bon courage à la personne qui a repris, et que je ne connais pas.

Au château de la Meurthe à Saint-Max, sur la place devant la bibliothèque municipale, il n’y a plus de sable dans les cagettes à pétanque. Et puis la place elle-même est un peu ravinée…

Au bord de la Meurthe, le chantier du Jéricho a coulé gentiment sur le chemin. Donnant lieu à quelques contorsions…

Voilà, on en termine avec ce matin du 22 mai 2012. Du moins en images.

Nancy de là-bas

Adolescent, j’habitais donc à Tomblaine, dans une maison qui va bientôt me manquer. Quelques vues contemporaines depuis ce qui était ma chambre d’ado…

Et puis y’avait aussi les jolis jardins foisonnants, riants, défiant sans en avoir l’intention les lois de l’uniformisation. Qui eux aussi disparaîtront à l’aménagement de la Méchelle.