La Vadrouille #3 / Voir Portsmouth et essayer de pas mourir (pour y retourner)

Aujourd’hui on n’est pas en Lorraine. Parce que Chouette c’est le Week-End. Et quand c’est le week-end, ou les vacances, ou quoique ce soit qui te tient heureusement loin du travail pour de bonnes raisons, c’est le moment de vadrouiller. Pour moi en général, toujours plus au Nord ou toujours plus à l’Est, mes points cardinaux préférés même si les deux autres ont aussi leurs charmes.

Et un coup, en allant plus au nord, je suis tombé à Portsmouth. Et là, bon, voilà. Un port, j’aime ça. Pas un petit port bucolique à la Collioure, le genre de port qui veut rien dire. Non. Un port. Comme Saint-Nazaire. Comme Brest. Comme Le Havre. Un vrai port, quoi. Avec des vrais bars, des vrais pubs, de la vraie bière et des vrais gens rugueux et pas trop propres sur eux.

Portsmouth m’a plu, Portsmouth où je suis allé en ferry et c’était parfait, et dont je suis reparti en ferry, et cette série est prise au moment du départ depuis le pont du bateau. Avant, une fois après avoir doublé Wight, de se taper des creux de sept mètres sa race. Et pour le non initié que je suis, je te jure que j’ai pas totalement fait le fier. La nuit a été longue. La sérénité mince. Genre mon point de repère c’était le barman. Le pilier dans la tempête. Je suis contaminé par le stéréotype du barman plein de flegme et de bon sens, parce que je regarde plein de films pour lesquels il faut être bon public. Et tandis que la moitié des passagers vomissait partout où c’était possible dans un premier temps, puis partout tout court, la dignité s’étiolant avec le roulis, je passais régulièrement voir le barman. Il avait l’air serein. C’est ce qui m’a fait tenir sans vomir. Je me souviens aussi d’un gamin relou qui faisait beaucoup trop le malin et refusait de se tenir, genre moi je gère ahahah se tenir c’est pour les faibles. A l’occasion d’un creux plutôt costaud, qui fit vibrer le ferry d’un bout à l’autre, il a mangé la moquette. Comme quoi y’a une justice.