Entre Sapinière et Champ-le-Boeuf

Autant sur le fond, les zones de ce type sont d’une vulgarité infinie et mériteraient de cramer dans les flammes de l’Enfer en souffrant, car oui, une ZAC peut souffrir si on commet deux trois rituels vaudous avant, qui en doute encore?

Autant sur la forme, maintenant qu’elles sont là, opportuniste et inconséquent comme un macroniste en goguette, je me dis que autant faire avec. Parce que, et d’autant plus quand elles datent un peu, et si on prend le temps mais ça c’est comme tout, on y trouve des formes marrantes et des images qui font plaisir à faire. Alors j’allais pas me priver de photographier ce que je déteste pour des broutilles philosophiques enfin! Sans compter que la Chambre des Métiers et de l’Artisannat, en plus d’être chouette dehors, possède en son sein un escalier qui a sa petite classe.

Le siège social de la SNVB à Laxou

C’est beau? C’est moche? Alors là, je ne vois pas qui peut répondre objectivement à ça. Moi, je dirais que ça dépend des jours et l’humeur. C’est en tous cas un bâtiment remarquable que ce siège de la SNVB (qui appartient aujourd’hui à un groupe qui me fout quelques boutons) conçu par Jean-Luc André sur la commune de Laxou, perché au Champ-le-Boeuf sur les hauteurs de la cuvette nancéienne. Si tu quittes Nancy pour aller vers Paris par la voie classique, tu ne peux pas le rater. 

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Mes rues d’enfant (Villers-lès-Nancy)

Salut mon vieux quartier!

Ici, mes arrière-grands-parents ont vécu. Mes grands-parents aussi. Et puis mes parents. Et moi, j’y ai grandi. C’est pour te dire que Baudricourt, Haussonville, l’avenue France Lanord, le Placieux, Sainte-Thérèse, le boulevard Cattenoz et tout ça, à cheval sur Nancy et Villers, pas loin de Laxou, c’est un peu important pour moi, ces quelques rues. J’y ai laissé des bouts de moi, et j’ai toujours avec moi des bouts d’elles. C’était chouette, là, dans le quartier, avec les copains, à faire nos trucs, nos histoires, on baguenaudait les rues et c’était bien. On se fabriquait nos futurs mythes d’adultes.

L’autre jour j’étais quelque part dans Nancy, et je me disais quelque chose comme «quand même, madame Machin son gamin n’est qu’en CM2 et il se trimballe tout seul dans le quartier bla bla bla». C’était avant qu’une petite voix me rappelle: «Dis-moi couillon, tu faisais quoi de tes mercredi après-midi quand t’étais au CM2? C’est ça, tu traînais dans le quartier avec tes copains, dans les rues ou les uns chez les autres, et j’te rappelle qu’il n’y avait pas d’adultes avec vous..

Alors bien sûr, les gens te disent: «Ah mais oui mais à l’époque y’avait pas tout ce qu’on voit aujourd’hui…».

Vexé d’avoir flirté avec cette pensée marécageuse, j’ai envie de répondre avec une véhémence mal placée: «Ce que tu vas voir aujourd’hui, c’est ma main dans ta gueule!».

Parce que où que tu vives, à la ville ou à la campagne, quand t’es gamin, pouvoir baguenauder avec tes copains dans les champs, dans la forêt, dans la rue, c’est sacré, un point c’est tout. Et accessoirement avec du recul, c’est réconfortant de comprendre que les grands t’ont fait confiance, tout en gardant un œil sur toi.

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Tout cassé (novembre 2013)

Bon, ça va bien cinq minutes hein, les petits arbres gentils, les champignons délicats et la brume vibrante d’humidité qui nimbe les plaines purpurines, colorées par un soleil oblique qui transperce l’aurore et… hein, voilà, c’est ce que je dis, ça va bien cinq minutes.

Alors que tout près, y’a la ville, y’a Nancy, et que en haut de Nancy, y’a la cité scolaire Saint-Joseph qui n’en finit pas de crever, les responsabilités qui n’en finissent pas de rebondir contre les questions vulgaires de gros sous.

La cité scolaire Saint-Joseph. Moins purpurine que les plaines, moins gentille que les arbres, moins délicate que les champignons, pas spécialement bucolique à l’aurore, même transpercée par un soleil oblique, la brume lui va cependant assez bien. Beaucoup plus sale, cradingue, dangereuse, puante (depuis les incendies), effrayante, dépaysante, absurde et délabrée, il ne faudrait pas croire, cependant, que ce ne sont pas des qualités.

On a quand même le droit d’aimer en même temps la ville crasse, oppressante et bétonnée et les sous-bois, les étangs et la brume vibrante d’humidité qui nimbe les plaines purpurines, non?

Bordel!

Merde alors!

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