Louis Guingot à Lerebourg

Louis Guingot, c’est un de mes seuls copains de l’École de Nancy. Plutôt un original, le Louis, qui sera au comité directeur l’École en 1901. Il a beaucoup travaillé en particulier à la décoration murale, s’attaquant par exemple au portique de l’Exposition universelle de Nancy en 1909. Du coup son travail a aussi beaucoup disparu. Comme c’est aussi le cas à Liverdun, à l’ancienne confiturerie Lerebourg, où il avait travaillé autour de la thématique des fruits. Qu’en est-il aujourd’hui: les lieux totalement abandonnés, ses peintures moribondes disparaissent lentement avec la dégradation du crépi et du béton. Au revoir fresques de Guingot, je vous aimais bien…

Les greniers de Lerebourg

Nous voici à nouveau à Liverdun, dans la vieille confiturerie/conserverie Lerebourg/Materne. Un petit tour dans les greniers, un jour de grand vent et de vaste pluie… avec une ambiance galvanisante, ce grand grain qui fait claquer les tôles, teinter le verre, ramper le plâtre, suer le béton… ça plique et ça ploque de partout, ça tape et ça tambourine, comme dans ces films où le héros est là, au milieu de cette usine délabrée, mais qu’il entend les sons fantômes de son activité d’antan… saisissant…

Liverdun, entre Lerebourg et le bourg

Hop, un retour en arrière à Liverdun. J’ai pas mal causé de l’usine Lerebourg, parce que je l’aime beaucoup. Détachons-nous un peu de cette dernière pour ne pas rater le fait que Liverdun est un bourg fort appréciable. Doucement, on va essayer de ne plus parler que de Lerebourg. Panachons.

Tu me diras, qu’est-ce que c’est que ce truc perché, par exemple? Si c’est perché qui t’ennuies, faut savoir qu’à Liverdun, c’est normal. C’est plutôt perché, hein, vallée de la Moselle oblige. Le truc? Ah, le truc. Le truc, c’est l’ancien Grand Hôtel de Liverdun, dont tu peux voir chez Les Amis de Liverdun un air d’avant.

Au pied de Liverdun, il y a le vieux pont de la ligne de chemin de fer de Paris. Un fameux beau pont qui enjambe la Moselle la plupart du temps dans une jolie lumière. Traverser la Moselle sur ce pont, c’est planer au-dessus de l’eau, voler vers Nancy et le retour au bercail. Du moins en ce qui me concerne. et d’ailleurs en ce qui me concerne, y’a des atavismes qui viennent toujours causer, alors on refait un petit tour à l’usine Lerebourg, pour de la façade et de la vue des toits. Merci de votre compréhension.

Voilà pour aujourd’hui!

Sur les murs à Lerebourg

A l’usine Lerebourg, en septembre 2011, y’avait de l’amour dans l’air.

Peut-être que c’est le romantisme à peine dissimulé des jolies rues perchées de Liverdun?

En tous cas, comme ça y va. Floriane et Anthony, je vous passe le bonjour, bien qu’on ne se connaisse pas.

Mais il y a aussi les gens pas en forme. Ou trop en forme, alors. Je ne sais pas.

Ça a ce côté Thiéfaine dans le texte… le Hub’ serait-il passé par là? On n’ose y croire… En tous cas, désintégrer les esprits normalisés reste un projet louable.

Hop. Lerebourg, sur les murs.

Là-haut en haut

L’usine de Liverdun? Lerebourg? je t’en ai jamais causé? Alors c’est qu’on se connaît pas. Ou depuis moins de quelques minutes. Par exemple, là-bas, y’a les greniers, dans la tour. Si l’ensemble du site me séduit, c’est aussi parce que ses différents niveaux ont des ambiances qui saisissent différemment. Lerebourg, de la cave au grenier. Lerebourg m’apparaît comme une grande maison. Vraiment grande, hein. Et tout en haut, ces greniers ultimes, qui dominent l’ensemble, avec des pièces intimes. De taille raisonnable. La vue sur les toitures, et l’eau -encore- qui suinte et fourmille au tympan les jours de gris coulant. La texture des peintures éprouvées -que je n’avais jamais relevée, tant il faut venir maintes fois avec maints regards, les siens comme ceux des autres, pour comprendre et saisir-. Les grandes fenêtres rectangulaires dans la cage d’escalier, étirées de la proximité du sol à celle du plafond, étroites, mais hautes. M’évoquant, pour une raison mystérieuse, un roman de Lovecraft, ou peut-être de Stephen King. Un film de Carpenter. Lerebourg, je ne le dirai jamais assez, façonnée pour rêver.


(novembre 2011)