Maron, la forêt et les filles

Maron on voit tous. Un grand parmi les bleds de la Boucle de la Moselle (dois-je préciser que tous le sont sûrement?).

La forêt, bon, c’est la forêt de Haye, cet immense massif naturel qui regorge de petits mystères de pacotille et de fonds de forêt magiques et ténébreux.

Les filles, y’en a une je suis pas pour rien dans son existence, l’autre, c’est sa copine.

Et quelque part en face de cette pauvre Marie Chanois et du gouffre des Chiens, avant le carrefour Charlemagne, au-dessus des Chalades, au milieu de tous ces noms énigmatiques qui font la forêt, on se promenait là, avec les filles, à cueillir de l’origan pour l’hiver (et trop tard dans la saison).

Pensez à emmener les enfants dans la forêt, dès que possible. Loin des parcours de santé, loin des sentiers de découverte, loin même des sentiers de grande randonnée. Là où le sentier est flou, là où la forêt domine, là où on a peur d’être heureux, et content d’être inquiet. Au cœur des forêts, là où elles font encore la loi. Là où l’on n’est plus rien qu’un invité à peine toléré…

Dans la boucle de la Moselle à Villey-le-Sec

Dans un autre lieu qu’on nomme réseau social, j’avais chouiné comme quoi j’avais perdu le blog à cause de ma procrastination chérie. Et puis finalement non, l’hébergeur préférant les sous aux règles qu’il édicte. A la bonne heure. Sauf que depuis j’ai rien foutu, fallait bien que je me repose du stress occasionné, tu vois bien. Moi tout ce que j’ai retenu de la startup nation, c’est boire des coups et jouer aux jeux vidéo tu vois. J’ai sélectionné des trucs. Pas con. lever des fonds et bosser, c’est pas pour moi, au-delà du fait que fondamentalement c’est complètement con. Même si ça fait tourner mon blog quand d’autres le font, hein. Mais comme je suis pas le centre du monde et que ce blog l’est encore moins, au pire si ils avaient arrêté de bosser, ça leur aurait fait une respiration et la disparition de cette version d’Un Dimanche en Lorraine aurait changé le monde dans la large proportion de 0,000000. Et puis mine de rien, récupérer le blog sans rien faire, ça m’a déjà pas mal épuisé.

Ouais alors bref. On disait quoi déjà?

Ah ouais. Bah j’ai été traîner à Villey-le-Sec, dans la vallée. C’est toujours aussi chouette. Ça fait 27 ans que je fréquente les lieux. Et je ne m’en lasse pas.

De passage à Custines

Moi tu sais pendant longtemps Custines, toute mon enfance en fait, c’était le chemin du mercredi, du samedi ou du dimanche. J’allais avec mon grand-père ou avec mes parents dans la vieille maison pourrie et chouette paumée du côté de Sivry. On partait de Nancy, alors tu vois. On sortait à Custines et on s’arrêtait au supermarché sur la route de Faulx (mais on prenait à gauche à la patte d’oie) parce qu’il fallait bien acheter des choses à manger. Bon, un supermarché, tu vas me dire, c’est pas… hein? Voilà. Mais c’était le petit supermarché de Custines, porte de ces contrées cambrousses où j’ai passé des journées dehors, souvent seul, à faire connaissance avec les limaces, les fourmis, les trucs qui volent plus ou moins gros et les orties dans la gueule. Custines, c’était quitter l’autoroute, et c’était bon signe, c’était signe qu’on allait bientôt traverser la forêt épaisse et mystérieuse avant de redescendre sur Belleau. Qu’est-ce que j’ai pu fantasmer cette forêt, entre sourde inquiétude et fascination désarmante. Voilà, Custines, dernier avant poste avant la Forêt Noire (Mirkwood!) et au-delà l’Erebor. A moins qu’il ne s’agisse de la vallée de la Natagne. Les deux valent le détour.


Quelques images rapides de Custines, de l’avant-poste, ou de la dernière frontière

Lorraine Cœur d’Acier

Une super édition de Là-bas si j’y suis sur Lorraine Cœur d’Acier, la radio pirate, populaire et ouvrière de Longwy en 1979 et 1980. Magnifique, à écouter, vraiment, des extraits et des témoignages absolument bouleversants sur cette sale époque pour le Pays-Haut.

On y cause des usines et des grèves, mais d’un coup, on y cause aussi condition féminine, littérature, poésie, maternité, dans ce monde ouvrier et masculin en train de mourir, jusqu’à ce que les cadres syndicaux, débordés, n’y retrouvent plus leurs petits, et qu’on se sente bien avec une parole populaire libérée. Ah.

Tu peux l’écouter et la réécouter. Moi ça m’a tiré quelques larmiches.

C’est ici:

http://www.unmorceaudechiffonrouge.fr/spip.php?article13

Et ici:

http://www.unmorceaudechiffonrouge.fr/