Maron, la forêt et les filles

Maron on voit tous. Un grand parmi les bleds de la Boucle de la Moselle (dois-je préciser que tous le sont sûrement?).

La forêt, bon, c’est la forêt de Haye, cet immense massif naturel qui regorge de petits mystères de pacotille et de fonds de forêt magiques et ténébreux.

Les filles, y’en a une je suis pas pour rien dans son existence, l’autre, c’est sa copine.

Et quelque part en face de cette pauvre Marie Chanois et du gouffre des Chiens, avant le carrefour Charlemagne, au-dessus des Chalades, au milieu de tous ces noms énigmatiques qui font la forêt, on se promenait là, avec les filles, à cueillir de l’origan pour l’hiver (et trop tard dans la saison).

Pensez à emmener les enfants dans la forêt, dès que possible. Loin des parcours de santé, loin des sentiers de découverte, loin même des sentiers de grande randonnée. Là où le sentier est flou, là où la forêt domine, là où on a peur d’être heureux, et content d’être inquiet. Au cœur des forêts, là où elles font encore la loi. Là où l’on n’est plus rien qu’un invité à peine toléré…

L’automne entre Maron et Villey-le-Sec

L’automne va bientôt revenir sur la région. Ses premiers signes sont là. Insensiblement, ça roussit, ça sèche, ça tombe. La rosée le matin. J’adore ces moments. Tu sais, j’aime bien l’été, mais quand arrive l’automne, je sais que je suis à la maison. Je sais que le voyage était beau, que visiter l’été était charmant. Je sais aussi qu’après un long voyage, je suis heureux de rentrer à la maison. C’est ça l’automne, c’est la maison, qui a toujours l’air un peu nouvelle après une longue absence. La maison dont le cœur sera l’hiver, quand les habitudes douces seront bien revenues. L’abri. L’hiver en Lorraine, on n’en profite jamais aussi bien que dans la vallée de la Moselle, nonobstant son calibrage triste à mourir. Qu’importe, la forêt explose entre Maron, Sexey-aux-Forges et Villey-le-Sec, dans l’une de ces incroyables Boucles de la Moselle. C’est à peu près inimitable. J’en soupire d’aise et d’impatience.

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Dans la boucle

Je terminais un premier rendez-vous pour photographier le petit Maël, sociable en diable. Comme souvent, je prends mon temps, et je file vers la route de Sexey-aux-Forges via Pont-Saint-Vincent. Parce que je sais que c’est joli là-bas, et Maron vu depuis cette rive. Si t’as pas foutu un peu Maron et ce coin des Boucles de la Moselle dans ta vie, tu peux pas complètement comprendre, même si ça t’empêche pas d’apprécier. C’est que tu dois venir par ici et connaître cette ambiance pesante d’un jour orageux dans la Boucle, l’ambiance de chlorophylle insoutenable sous la forêt en arrivant vers Pierre-la-Treiche, la densité de ces eaux obscures qui épaulent ton cheminement, le bonheur qu’il y a à y plonger ton imaginaire. La boucle de la Moselle qui passe par Toul, saute des vannes à Chaudeney et snobe tranquillement Nancy, tu dois voir ça une fois dans ta vie.

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Prologue Pierre-la-Treiche

En ce moment, j’ai pas mal envie de te causer de cette partie des boucles de la Moselle, selon un rituel bien particulier, suivant une sorte de sacralité géographique personnelle bien précise. Parce que ces derniers temps, j’ai eu pas mal l’occasion d’aller à Clairlieu, qui en est une porte sans y être, et de passer à Maron et Villey-le-Sec. Et ce trio magique, Clairlieu-Maron-Villey-le-Sec, il a tant d’implications que je dois un peu écrire dessus. Mais comme ici on met des photos, va falloir que je me remue le fondement pour illustrer ça en images.

J’y pensais hier en rentrant de Pierre-la-Treiche où j’avais été rendre visite à l’excellente Mamléa, et aussi récupérer des livres qu’elle détenait en otage, la bougresse. Je suis rentré en longeant la Moselle, passant par l’écluse à grand gabarit et le barrage de Villey-le-Sec. Et alors que je cheminais, j’ai été happé par des tas de souvenirs -pas tous à moi- et par une certaine émotion, et puis en redescendant sur Maron, Ah!

Je ne sais pas quand, mais y’a pas, faudra que je vous (re)parle de tout ça.

Peut-être à l’automne, quand j’aurai complété le portrait par quelques photos prises le long de l’ancienne voie ferrée à Maron, quand la vallée s’enflamme et explose de couleurs. Je ne sais pas, on verra.

En attendant, j’étais à Pierre-la-Treiche et j’étais content de marcher pour de vrai dans le cadre de certaines photos fétiches de Mamléa.

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