En promenade dans Nancy avec un gens cool (juin 2021)

J’aime bien quand quelqu’un que je ne connais pas me dit dans un commentaire, un MP ou au creux de l’oreille : «Ah bah tiens ça fait un moment que je te suis sur le blog/sur Facebook/sur Instagram (la retape…), on va se promener ou quoi?»

Moi souvent je dis: «bah ouais» et puis on guette Nancy ou ailleurs et je vole le regard de ces yeux nouveaux pour en faire quelque chose ou pas et moi j’aime bien ça. J’ai rencontré des amis, dont deux trois qualitativement irréprochables et éternels (big up Sylvain R., big up Micheline M.), par ce biais. Ce jour-là encore, j’étais avec une personne fort sympatoche qui m’avait dit: «on va se promener ou quoi?».

Ouais, j’ai utilisé «fort sympatoche». Ouais je suis vieux. Ouais j’avais déjà du poil aux pattes (mais pas beaucoup) quand Kurt Cobain s’est flingué. Alors tu vas faire quoi?

Le vachement centre de Nancy

Le centre de Nancy (on dit hyper centre pour s’y retrouver, tant Nancy a de centres, mais je préfère le vachement centre, c’est plus… je sais pas quoi, mais je préfère) change à vitesse impressionnante. Quelques photos qui datent, pour se souvenir de la tronche que ça avait il y a encore une petite dizaine d’années). C’était mieux? C’était moins bien? Aucune idée. Allez, par réflexe et juste parce que je n’aime pas beaucoup les bons maîtres actuels (encore moins que les précédents), je vais dire que la nouvelle version est vraiment pourrie. Voilà. Je ne suis vraiment pas convaincu de ça, mais c’est un plaisir de dire du mal de ce qu’ils promeuvent.

(je suis beaucoup trop fatigué pour être constructif).

Nancy, les drôles de coins autour de la gare

Ce sont des coins assez sales, assez louches, un peu inquiétants, qu’on découvre ado en revenant un peu joyeux de chez des copains avec d’autres copains, et qu’on se dit, la ville étant avant tout destinée à être un terrain de jeu géant, tiens, allons voir de quoi il retourne et d’abord c’est quoi cet escalier bizarre qu’on n’emprunte jamais? Et cette arrière-cour, elle donne où? Pourquoi on n’y va pas? Et cette porte fermée, elle s’escalade, non? C’est comme ce mur?

Voilà. La même chose en plein jour des paquets d’années plus tard, dans les mêmes coins. Sans escalade, rassurez-vous. Mais avec un des copains de l’époque quand même.

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Nancy: le centre des formes et des couleurs

On peut en penser ce qu’on veut et pester contre « l’hyper centre » de Nancy. On peut. On a même peut-être raison de le trouver moche ou sans intérêt, d’aucuns diront scandaleux. Mais on pourra aussi constater, lorsque la lumière éclatante d’entre deux averses vient pulvériser les habitudes, quand il dégorge de couleurs et brille à tout va, que l’hyper centre de Nancy est en même temps, et c’est loin d’être incompatible, une vraie réussite.

Un paquebot nommé Prouvé

Tu as vu comme je deviens trop fort dans les titres? Non? Bon.

Tu veux tout voir, tu veux tout savoir. Ne nie pas. On est tous comme ça. Alors plutôt que d’acheter Gala ou de regarder le JT racoleur dans ton poste, regarde un peu comme on y voit sous les jupes, au centre de tri postal de Nancy. Moi, le gros paquebot poussif qu’était le centre de tri, je l’aimais bien, parce qu’il conservait une certaine fierté, voire une vraie dignité vu depuis la voie ferrée. Avec ses cheminées. C’est pour ça, je me méfie du résultat des travaux en cours pour en faire un centre de congrès. Beaucoup. Mais force est de constater, nonobstant l’irritante récurrence de cette expression, que ce chantier est beau comme tout et que le photographier est facile et bien agréable. Alors voilà. Je le fais.

Nancy: le gros centre qui fourmille et qui tabasse

Ouais, la rue elle fourmille pas en fait. J’attendais un moment de calme pour mettre en valeur les travaux de l’ex-tri postal futur centre des congrès derrière. Mais faut que j’arrête de faire des trucs comme ça, ça serait quand même plus cool avec plein de gens. J’ai pas la New York attitude, c’est nul.

Au pied de la tour Joffre, la synagogue est noyée dans le tissu urbain, synagogue dont on sait d’ailleurs trop peu qu’elle fut la seconde reconstruite de France, en 1788, depuis les édits du XIVème siècle interdisant le culte puis expulsant les juifs du royaume de France. La première fut celle de Lunéville. Lunéville et Nancy avaient une importante et ancienne communauté juive, très implantée, qui donna du personnel politique et de maison aux ducs de Lorraine, mais constituait également à Nancy une classe populaire particulièrement pauvre. Leur histoire est intéressante, alors tu liras « Les juifs de Nancy » par Françoise Job aux PUN et tu iras voir la collection afférente au Musée Lorrain. Et sans regimber, encore. J’aime pas ça, moi, les gens qui regimbent. Regimber c’est nul. Bon. Maintenant je vais voir ce que ça veut exactement dire en plus de faire bien dans une phrase, ce qui est un peu court jeune homme.

Je suis là, et je n’en bouge plus.


 

Au centre de Nancy, la tour Joffre-Saint-Thiébaut fait face au Centre de tri postal. Une tour marquée Henri Prouvé, comme celle de Montet-Octroi à Vandoeuvre, que je préfère d’ailleurs. Une tour qui a fait hurler les Nancéiens à l’époque, et qui les fait un peu hurler encore aujourd’hui. C’est que les Nancéiens n’aiment pas souvent leur patrimoine? On a détruit quelques jolies choses pour faire cette tour. Qui a son tour commence à avoir de l’âge, de la perspective, et dont on réalise qu’elle n’est pas une simple maison de lotissement sans vision, mais qu’elle a fait partie d’un véritable courant architectural et industriel, et d’un ensemble monumental. Qu’on l’aime ou pas. Bien. Deviendrait-elle du patrimoine? Officiellement, oui. Mais il lui manque encore la reconnaissance des siens. On ne nous a jamais appris à l’école que c’était beau, l’école qui nous a bien expliqué ce que nous devons trouver beau ou non. C’est aussi de là que ça vient…?
(novembre 2011)