Nancy de haut en bas

Les photos datent déjà, et le Haut du Lièvre a pas mal changé depuis. Un jour de marché, j’étais sur ce quartier de «grands ensembles», j’habitais aux Trois Maisons, j’étais monté à pinces. Et donc je suis redescendu à pinces. Et c’était bien, parce que ce quartier, le Haut du Lièvre, qui m’a toujours accueilli pour diverses activités, malgré ses tas de problèmes, je l’aime bien, parce qu’il y a aussi plein de choses qui y vont bien, et plein de très chouettes personnes que je ne regrette pas d’avoir rencontré au cours des années. Aujourd’hui j’y suis toujours régulièrement, et il a toujours des problèmes, et il est toujours aussi beau et je l’aime toujours autant. Mais sachons raison gardons, ces photos montrent aussi beaucoup «la redescente en bas» (comme ça on est bien sûr qu’on est en Lorraine).

Le Haut du Lièvre vu de Buthegnémont: question de perspective…

Nancy. La Haut du Lièvre fait causer. A fond. C’est rigolo, comme quand on parle des «grands ensembles», on ne parle pas souvent d’eux. Mais leur apparition brutale, leur radicale manière de remettre en cause la ville traditionnelle pousse tout un chacun dans ses retranchements, dans sa mauvaise foi, et l’amène à se dévoiler: les réactions sont suffisamment tranchées pour que chacune et chacun donne à voir en réalité dans la conversation sa manière de vivre le monde et ses changements, la façon dont l’éducation, la culture et les lieux de l’enfance sont invoqués, et comment ceci se mélange avec les stéréotypes bien intégrés auxquels personne n’échappe vraiment, sans compter la manière dont les impressions, les sentiments deviennent des vérités, quitte à nier les chiffres frontalement (avec parfois, quand on parle de délinquance, le soutien hystérique et sécuritaire de la presse locale, qui par chez nous, si l’on parle du titre historique à Nancy, sombre dans le bon gros torchon à graillon ces derniers temps).

C’est en tous cas absolument passionnant.