Retrouver Nancy

Revenir à Nancy. Le déconfinement. Quel vilain mot, quel bon moment? Pas si bon, tant nous avons le sentiment d’être toujours en sursis, sur la sellette, tant le risque que cette maladie à la con nous rebondisse à la gueule une fois de plus. Et puis un couvre-feu, c’est sinistre au demeurant. Je ne juge pas les mesures en elles-mêmes, car je serais bien emmerdé si on me demandait ce qu’il faut faire. Mais il ne faut pas se voiler la face et se dire que ça se passe bien. Il faut regarder en face les conséquences de tout ça, de ce mal manifestement nécessaire. Et il va falloir prendre les problèmes à bras le corps. Le retour à la normale? Oui, mais soyons lucides, la normalité à venir ne signifie pas le retour à celle d’avant l’épidémie. Rien que parce qu’il va falloir payer la facture sociale, économique, psychologique de tout ce cirque. Mais elle sera normalité, et on pourra à nouveau se projeter avec des règles du jeu plus claires et qui ne changent pas tous les deux jours… je l’espère en tous cas.

Et puis en attendant, revenir à Nancy. Nancy ne m’a pas tant manqué pendant le premier confinement. Mais avec l’arrivée de mes beaux jours d’hiver, de ce Nancy froid et gris que j’aime tant, avec les ambiances de la Saint-Nicolas qui me sont précieuses, oui, Nancy cet automne m’a manqué. Je travaille en banlieue, mais c’est ce Nancy enveloppé d’obscurité dès 17H00 que je veux, ce sont ces coins reluisants devenus louches et étranges la nuit qui me manquent. Retour à Nancy. Pour de bon, peut-être.

Le retour de Nancy des hauteurs

Le Plateau de Malzéville, c’est entre autres le point de vue depuis la table d’orientation, dégagé quand la tempête de 1999 est venue ratiboiser le bois qui se trouvait ici par le passé. Point de vue où on est nombreux a avoir passé du temps, emmené des gens, de la famille, des amis, un amoureux, une amoureuse. Où on a fait des feux et mangé des merguez premier prix qui militent activement pour la fin du monde. Là où je passe parfois en rentrant chez moi pour respirer un peu l’air vicié de la cuvette, regarder Nancy, et plus au loin, La Madeleine à Laneuveville, les banlieues est et sud, et à l’horizon, souvent, les Vosges.

Le Plateau de Malzéville, et ses générations passées et futures en mobylettes, en scooters, et demain en hoverboards, va savoir.

Alors allez, on plonge dans ce Nancy-là.

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Tiens. La Meurthe. Nancy est dans sa vallée. Avec le pont de la Concorde, sa passerelle sur l’île et l’étang de la Méchelle, au second plan le pont de Tomblaine, et au fond, Jarville (et la microbrasserie Grenaille qu’on ne voit pas, mais où il faut aller) et la tour des Coop sur la droite.

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Au premier plan, l’aérodrome d’Essey, puis le tir de barrage tout sale des pavillons de Saulxures, et au fond la soudière Novacarb de la Madeleine à Laneuveville.

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Une vue vers le centre tout hérissé de Nancy, avec sur la droite ma copine la tour Joffre-Saint-Thiébaut. Devant les immeubles, dépasse un peu l’église Saint-Sébastien, et au premier plan à gauche, la cathédrale, avec à droite la caserne Sainte-Catherine (une des plus vieilles de France).

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Ici, ce n’est pas évident, mais c’est un quartier que je trouve très joli. C’est le Haut Rivage à Saint-Max, et je ne suis pas objectif: je n’y ai jamais vécu, et son architecte était André Lurçat, un type pour lequel j’ai vachement d’affection, mon copain imaginaire avec Jules Criqui quand même. Derrière, la grosse bouse de stade Marcel Picot au bord de Tomblaine, en face duquel j’ai vécu mon adolescence.

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On revient sur la vallée de la Meurthe, d’un peu plus près.

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Une vue plus générale de la cuvette. On voit bien le centre, Vandœuvre se dessine au fond à gauche, au pied du plateau de Brabois. En bas à droite, les fameux Grands Moulins, et juste derrière eux, le grand parc de la Pépinière, derrière laquelle on distingue, mais faut le savoir, un des pavillons clairs de la place Stanislas.

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La vue se décale un peu à gauche. Tout au fond, l’émetteur de Ludres. Au pied de celui-ci, s’étalent les cités de Vandœuvre. Tous les quartiers de Nancy que l’on voit ici sont ensuite assez difficiles à distinguer faute de grands points de repère. Notons sur la droite une tour un peu plus haute que les autres, c’est celle de l’Étoile, et juste à sa droite, la grande gendarmerie. Au premier plan, des bribes de Malzéville et de Saint-Max.

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Vue vers l’aérodrome d’Essey et la plaine Flageul à Tomblaine (où l’on pratique parfois le trollball, oui, renseigne-toi), et au premier plan, ce petit quartier d’Essey dont je dois bien avouer ignorer le nom alors que je passe souvent devant. Mouzimpré? Oui, ce serait logique, mais je ne suis pas sûr.

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En rentrant du plateau, je rentre par la très jolie banlieue perchée et aisée de Dommartemont. Tout un état d’esprit.

 

Les beaux jours à Nancy

Moi, le chaud et les gens tout plein, c’est pas mon truc. Enfin, c’est pas mon truc… je ne passerai pas une journée dans un Nancy noir de monde sous le cagnard, mais ceci dit, j’aime être un passant au milieu de ça, juste un passant. Traverser la Vieille Ville et ses touristes, la place Stanislas et ses mariages en grande pompe, la Pépinière aux beaux jours, ça me ravit. Je n’ai pas envie d’en être, mais ça me ravit de le voir. Quoique. A une terrasse d’un bar normal… avec une Jupi bien fraîche… la vigie du PMU… ah, ne jamais dire jamais!

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Un hiver à la Pépinière -1-

Le grand parc de Nancy tombe doucement en léthargie. Il y aura quelques jours de neige pendant lesquels il se remplira à nouveau, mais le reste du temps, il devient désert, un peu sombre, et donne quelques envies à traîner dedans. Les gaufres, les glaces, c’est fermé. La brasserie a empilé les chaises de sa terrasse, les manèges s’interrompent, le jet d’eau s’écrase, le spectacle de marionnettes ferme ses portes, les badauds se font clairsemés, les écoles de musique ne présentent plus leurs élèves au kiosque. C’est l’hiver, et le parc respire un peu après l’effort soutenu de l’été et du bel automne. Les oiseaux reprennent la maîtrise du terrain. Quelques migrateurs arrivent, pour l’hiver ou de passage. La liesse humaine tombe de sommeil, et la vie des autres, discrète -pas celle des corneilles, certes- reprend de plus belle. Néanmoins, comme disait peu ou prou un ornithologue dans l’excellent « L’animal dans la ville » (à voir à voir à voir absolument, ça cause des animaux dans notre agglomération, c’est intelligent et narquois, à voir bon dieu, surtout vous m’sieur Pop9, j’sens bien que c’est taillé pour vous plaire), les mêmes personnes qui se plaignent du bruit des corneilles ne trouvent rien à redire à celui, sans commune mesure, des bagnoles par exemple boulevard du 26ème RI. Bizarre autant qu’étrange. Peut-être faudrait-il pourtant procéder à un abattage de bagnoles ou à un effarouchement par un prédateur: des gendarmes dressés, portés au poignet, tu sais, tu siffles, ils y vont, ils font une prise, et la colonie de bagnoles terrorisée se disperse. Quand ils reviennent à ton poignet, tu leur remet leur petit capuchon sur la tête. Bonne bête.

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