Nancy en dix photos jamais bien loin du canal

Le truc c’est que quand tu as vécu pas trop loin du canal à Nancy, tu y restes attaché. Le canal, c’est de l’eau et l’eau ça se traverse pas fastoche comme tu traverses la rue. Traditionnellement, et quitte à verser dans le conformisme, l’eau ça se traverse sur un pont. En plus le canal j’vais t’dire j’ai moyen la motivation pour m’y baigner, c’est quand même un coup à donner dans le développement personnel de mycose et le coaching de puanteur.

Ce qui est rigolo avec un canal, c’est que quand tu te promènes sans but, ça a tendance à conditionner tes balades selon des axes récurrents. Parce que les ponts. Tes errances sont donc assez longilignes, et parfois tu as envie d’aller à tel endroit spontanément, mais de fait, tu vas devoir longer le canal jusqu’au pont. Ça favorise de passer souvent au même endroit, et de le connaître bien. De le voir évoluer dans sa végétation, sa population féline pouilleuse, ses tags parfois surréalistes, sa lente dégradation, parfois sa reprise en main brutale par les services de normalisation de la ville. Et moi c’est ça que j’aime. Voir le même endroit souvent dans ses infimes variations quotidiennes ou dans ses révolutions saisonnières. Bref, la «zone de confort» qui paraît-il doit être quittée, selon les gens qui aiment bien dire aux autres ce qu’ils doivent dire/penser/faire*, peut être quelque chose de très chouette et d’épanouissant. Moi j’aime bien en tous cas peupler mon quotidien des cycles doux et parfois crades qui animent une routine un peu magique dans la ville magique.


*que crève le coaching d’une mort lente et douloureuse

A la poursuite des rues de Nancy

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La rue Sigisbert Adam, pas évidente à prendre sans faire apparaître la rampe de la Voie Express Banlieue Est, sur laquelle je me tiens pourtant.

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La rue Eugène Vallin, assez typique de ces rues nancéiennes résidentielles du XIXème siècle avec un caractère assez frontal et des immeubles peu ou prou conçus sur le même modèle, mélangeant à l’origine selon les étages petite bourgeoisie et classes plus populaires.

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La rue du Maréchal Oudinot, à la limite de Vandœuvre, et ses beaux immeubles colorés des années 20 et 30, aux motifs variés.

Aux alentours de la VEBE

VEBE. Voie Expresse Banlieue Est, viaduc Louis Marin, cette grosse merde pour faire rouler les bagnoles, ça a plein de noms, cette rampe qui a amputé un bout de la Pépinière à Nancy, pour grimper en vis-à-vis des belles façades de la rue Sigisbert Adam, avant de filer vers Malzéville et Saint-Max, avec des vues marrantes sur toute la ville… Moi, comme j’arrive de l’Est, vu que j’ai un peu de dignité, j’aime bien me garer là, dans la rampe qui descend sur Nancy. Parce que d’abord, je trouve souvent de la place. Ensuite, parce que c’est une façon rigolote de ne pas vraiment être entré dans Nancy, d’y être sans y être, à deux minutes du vieux centre, mais légèrement en hauteur, prêt à fuir par la voie rapide qui traverse la Meurthe vers la banlieue ou la cambrousse si la ville devenait invivable, infectée, ou quelque chose dans ce genre. Le jour d’une invasion d’aliens, de zombies ou de monstres globalement dangereux, comme par exemple pendant un Université d’été du MEDEF, cette voie rapide, cette VEBE, ce viaduc Louis Marin, ce sera quelque chose de très important.En passant, on voit en contrebas d’anciens locaux industriels un peu délabrés, à l’entrée de la ruelle Villa Verdier (tiens, salut Laurie si un jour tu me lis par hasard), au bout de laquelle j’ai habité quelques temps, à l’époque où c’était un jour y’a un moment quand même.

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