Naufrage

Voilà. L’été est terminé. C’est sûr. L’été indien, pourtant fréquent en Lorraine? Pas trop ça non plus, cette année. Alors moi, je compte sur l’hiver, qui est globalement mon meilleur copain dans l’année, même si je m’entends bien avec ses trois collègues. L’hiver en Lorraine n’est pas si froid qu’on le dit, malheureusement, et il n’y a pas tant de neige que ça, bien au contraire. Et malheureusement aussi à mon goût. Toujours est-il que notre hiver est quand même doué pour les naufrages. Ces journées, longues d’agonie, qui émergent de manière fugace, pour sombrer définitivement. Ces journées où il n’a pas vraiment fait jour. Oui, ça, l’hiver lorrain s’y connaît, c’est vrai. Et moi, j’aime bien ça aussi. C’est comme ça.

Petit reportage futile sur la route d’un hiver passé, de la campagne à Nancy, puis de Nancy à la campagne, mouvement pendulaire de ceux qui ont «quelque chose à faire à la ville», jusqu’au naufrage final, avant seize heures, et juste pour rendre hommage à ces ambiances de grisaille coriace qui ont toute ma sympathie.

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Encore un tour au Faubourg

J’étais encore fourré, façon de parler, au Faubourg des III Maisons à Nancy. Revenant le long du canal vers la rue Vayringe, qui reste mon havre dans la tempête même si y’a pas de tempête, je longeai le canal, pour rester dans l’idée. Pour la 458 730ème fois. Au bas mot. Je fis quelques photos déjà faites 751 295 fois. Approximativement.

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Ah! Chouette, à la place de la SCREG se profile un programme immobilier banal et interchangeable au nom débile qu’on pourrait confondre avec tous les autres quartiers neufs de Nancy et de l’univers! Oh la la, tous ces immeubles neutres, fades et sans audace (aaaah, les Rives de Meurthe…), c’est vraiment ce qui manquait à Nancy! Merci Bouygues!

En repassant au Faubourg et à la rue Vayringe

C’est ça mon quartier. Un peu plus Vayringe que III Maisons, mais III Maisons quand même. C’est une question de quartier, d’expériences, de gens, mais de quartier vachement quand même.

A tel point que tu te dis parfois: «tiens, avec ma maison d’aujourd’hui à la cambrousse un peu loin mais pas trop loin, est-ce que j’atteindrai un jour le niveau de Nirvana que c’était de vivre avec les copains dans le même immeuble rue Vayringe?».

Oh bah on va pas commencer à regretter sinon on ne s’en sort jamais, mais juste se souvenir, avec des cœurs ridicules dans les yeux.

Et puis bon. Faut pas être non plus naïf. Le Faubourg s’embourgeoise, se « gentrifie », la mixité tourne lentement, vers des gens qui ont un peu plus les moyens, achètent, cassent des murs, agrandissent. La population change, les vieux, Portugais ou non, finissent par mourir. Le quartier se normalise tranquillement, institutions et promoteurs viennent renifler la valeur ajoutée, notion maléfique s’il en est. Ah mais c’est que ça reste vivant, hein, et spontanément, point besoin d’événements, de happenings ou d’events, pour causer grossier. Rien de tout ça. Mais la roue tourne, le quartier devient plus fréquentable pour les élites culturelles de la ville. Est-ce un mal? Moi, j’ai un regard un peu acide là-dessus, mais ce n’est pas mal pour autant. Qui serais-je pour en juger au-delà de mes propres émotions? C’est un cycle parmi les autres. Le précédent, celui des ateliers, des fabriques et des petites gens se termine, le nouveau, moins populaire, plus branché, arrive. Un autre cycle commence, qui se terminera aussi, sûrement dans un moment, quand je serai vieux.

La seule chose qui est sûre, c’est que sur Terre, si y’a bien un endroit où je suis chez moi, c’est au Faubourg des III Maisons et dans la rue Vayringe, à Nancy. Vaille que vaille…

Avec (deux jours de suite, c’est du vice) des merci aux copains de là-bas, de l’époque parfaite, Pauline, Pascale, Ivar et Lohan. Et merci aussi au(x) lecteur(s) de ce blog, Antoine en particulier, avec qui il fut fort agréable de faire plus ample connaissance hier et de faire un rapide tour du quartier, un peu nostalgique pour moi, mais vite débordé par le comment qu’c’est chouette ici!

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Le Faubourg et ses côtés italianisants.
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La normalisation en route rue Jean Lamour et rue des Glacis. Les promoteurs des nouveaux immeubles à droite ont-ils bien insisté sur le fait que ces constructions sont assises sur l’ancien cimetière de la paroisse Saint-Epvre dont la très grande majorité des sépultures sont toujours là? Pensez-y, nouveaux habitants du Faubourg, quand vous allez à la cave ou dans le garage souterrain… Stephen King n’est jamais loin…
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Au carrefour de la Croix, lieu emblématique du Faubourg, tu trouveras, après un apéro bien senti à La Croix, où on rempli le ballon un peu plus haut que le haut du verre, le restaurant qui paye pas de mine « Le Laissez-nous Cuire », où tu mangeras de bonnes choses, avec un plat plus ou moins unique selon le timing serré du taulier. Sachant que ce sera toujours fort bon, vas-y, c’est bon, mangez-en.

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Un matin d’hiver dans le dernier quartier

Nancy, côté rue Vayringe, jusque Malzéville par tous les ponts, le canal, c’était mon dernier quartier à Nancy, parce que je ne vis plus à Nancy. C’était le dernier. Maintenant que je n’y suis plus, je me considère comme privilégié quand, comme ce matin, à la faveur d’un hiver à tendance douce, j’ai une demi-heure devant moi pour me trimballer et l’appareil photo à mon côté. Je suis toujours content de rendre un hommage à mon dernier quartier. Je suis chez moi, c’est ma maison à Nancy. Pouf, une ribambelle de photos avec plein d’affection dedans.

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