Les Grandpierre, Buthegnémont, Pont-à-Mousson et mes grands-parents

Sur les hauteurs de Nancy, du côté du quartier aisé de Buthegnémont, se trouvait la villa Grandpierre. Du moins ma grand-mère l’appelle-t-elle comme ça. C’est que André Grandpierre était depuis 1946 président de la Compagnie de Pont-à-Mousson et des fonderies du même nom, aujourd’hui toujours en activité quoiqu’en bonne difficulté. Ma grand-mère en parle, parce qu’elle vivait aussi à Buthegnémont -du côté des maisons plus modestes mais quand même gentiment cossues-, et que le couple Grandpierre, elle le connaissait. L’idée, c’était que mon grand-père était photographe pour les «Pontam’» comme on dit depuis 1945. Il a même été le principal photographe de l’entreprise jusqu’en 1981, et bien vu avec ça. Il réalisait souvent des travaux photo à titre privé pour le compte des cadres de l’entreprise. Du coup, les Grandpierre, sans vraiment les fréquenter, elle avait en tous cas l’occasion de les voir.

C’est pour ça qu’il y a quelques années, quand j’ai voulu aller voir cette fameuse villa que ma grand-mère évoque non sans admiration, j’ai été un peu triste de la trouver toute fichue parterre. Restait un bout de mur de fondation avec ses visages nostalgiques, et la vue sur Nancy qu’on avait depuis le bout du jardin…

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En errant autour de Dombasle et Varangéville

Je tourne autour du pot, avant de replonger dans Dombasle et toutes les choses que j’ai envie d’en raconter avec les gens que j’y ai rencontré. Et les trucs que j’y ai trouvé. Et ce que ça m’a fait. Mais j’hésite un peu encore. En attendant, je tourne autour, dans une giration qui n’ose pas dire son nom, dans un vide étrange, peu habité. Soit qu’il s’agisse de champs et de forêts. Soit qu’il s’agisse de mines et d’industrie. Ou même d’un peu des deux. Tous ces endroits dans lesquels les photos sont rapidement vides de gens. Absents ou écrasés. Ma giration, c’est les chocottes. Parce que quand je vais commencer à causer des gens, je vais prendre une responsabilité d’un seul coup un peu plus effrayante et qu’il ne va pas falloir faire n’importe quoi.

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A Saint Jo…

Retour à Laxou. Le commentaire d’un lecteur me rappelle que j’ai encore beaucoup de photos de l’institution Saint-Joseph, qui a été abandonnée par l’évêché comme un vieux chien galeux, permettant un saccage incroyable des lieux, et la destruction de beaucoup de matériel, sans compter, ce qui me fait le plus mal au cœur, une partie du CDI. Quand j’y étais allé, tout gisait à l’abandon, dans un désordre incroyable. Perdu. Gâchis, assez irresponsable, je trouve. On notera, mais c’est modestement intéressant, que sur l’avant-dernière photo prise de la terrasse, l’immeuble qui apparaît au loin a été habité par mon père quand il était ado.