La Vadrouille #7 // Du noir et blanc à Novi Sad

J’ai déjà eu l’occasion de te raconter ici comme j’ai aimé la Yougoslavie, et j’utilise le terme à dessein, quand l’année 2001 m’y a amené pour la première fois dans un flou artistique et aléatoire improbable ? Je t’ai déjà parlé des chocs formidables que furent Sarajevo en Bosnie ou Novi Sad en Serbie ?

Oui, je l’ai déjà fait. Mais je m’y colle à nouveau. Parce tu es à ma merci, car si tu fermes cette page, un papillon risque de battre des pieds à Tourcoing et je te raconte pas les conséquences. C’est toi qui vois.

Bref, ces endroits me manquent beaucoup, et voilà quelques trop longues années que je n’y ai pas été. J’aimerais bien revoir Novi Sad et sa langueur plate et rassurante, Sarajevo et ses montagnes qui me font penser aux Vosges, c’est pour te dire comme c’est chouette. Et puis, faut aussi que je montre ça à ma fille qui n’était pas là lors du dernier voyage yougoslave en date (elle avait piscine ou un autre prétexte foireux genre «je suis pas encore née gnagnagna»).

Donc aujourd’hui c’est Serbie, un peu de Novi Sad, en noir et blanc, et majoritairement dans les vieux quartiers.


Si t’as du Paolo Conte à mettre en fond sonore, ça va bien, hein. Genova per noi ou Jimmy ballando par exemple. Si tu les connais pas, arrête d’être bête et va écouter ça tout de suite. Bon dieu. C’est beau comme du Andrés Calamaro (qui chanterait No tan Buenos Aires). Tu connais pas? Naaaaan? Arrêêêêête? Mais naaaan?

Bah t’attends quoi, je te pète pas des liens pour rien. Faut vraiment tout t’expliquer, c’est pénible.

La Vadrouille #4 / Novi Sad, Serbie

Si y’a bien un endroit qui me manque hors de la Lorraine, où je voudrais retourner, c’est Novi Sad. En fait des endroits qui me manquent il y en a plein. Vézelay, Le Tréport, le Havre, Portsmouth, Rimouski et la Baie de Somme et Bruxelles et quelques autres, d’accord.

Mais comme je parle de Novi Sad aujourd’hui, on va parler de Novi Sad, parce que j’ai de la suite dans les idées, et la cohérence c’est mon truc. Novi Sad c’est cette grande ville serbe posée au bord du Danube, face aux contreforts des collines musclées de Fruška Gora. La ville dans la plaine, s’tu veux, toute plate, le Danube au bord et bam sur l’autre rive, direct ça monte. J’adore ce contraste.


Alors vue par un Français qui aime se pignoler sur son patrimoine au vu et au su des étrangers, c’est sûr que Novi Sad c’est plein de blocs, plein d’avenues toutes droites, plein de coins chelous, plein de trucs approximatifs. Et en fait pas tant que ça. Il y a quand même un centre historique et des faubourgs avec du patrimoine côté collines. Mais va falloir nous lâcher un peu la grappe avec le patrimoine bon dieu. Une ville ça n’est pas que ça. Une ville c’est déjà les gens qui y vivent, et l’ambiance qui s’en dégage. Et de ce point de vue, et pour avoir séjourné dans d’autres villes de Serbie, j’ai trouvé à Novi Sad, oui, entre les blocs, une certaine douceur de vivre, quelque chose de paisible. De la fraîcheur, si c’est possible. Des très chouettes personnes. Je m’y suis toujours senti à l’aise, en sécurité, alors que je suis un gros flippé de la vie dès que je quitte mon fauteuil. On nous avait, mon camarade photographe Sylvain et moi, sous-loué un petit studio dans un de ces blocs à moitié tours. J’ai des souvenirs parmi les meilleurs de ma vie avec Sylvain sur le balcon miniature en béton, on avait à peine la place pour une table de bistro pour lilliputiens, on ne savait même pas quoi faire de nos genoux, et on a eu tous les deux des moments fameux arrosés à la Slivovica ou au Raki, face à la ville toute grise. Avec aussi un peu de bière de chez Grenaille qu’on avait ramenée dans notre escarcelle, pour penser au pays lorrain dans ce pays serbe qui a étrangement pas mal de points communs avec le pays lorrain (y’a pas de suspense: l’alcool et la bouffe).

A nos pieds y’avait une salle de sport, tu sais, les trucs de crétins avec des baies vitrées pour que tout le monde puisse bien te voir quand tu souffres vu le prix de ton abonnement. Ça surplombait un petit supermarché. Notre exégèse sur ces deux sujets, portée par l’alcool, a atteint je pense un niveau de perfection rarement égalé. Mais on y reviendra un jour dans un autre billet.

Un fois on a passé le grand pont sur le Danube, le pont de la Liberté, pété par les bombardements occidentaux en avril 1999 et reconstruit jusqu’en 2005 avec des sous du coin et aussi des sous Européens. C’est ironique, tout ça. Toujours est-il qu’il enjambe le Danube, et le Danube, c’est un fleuve qui impose un tout petit peu le respect. Rien qu’un peu. On a été de l’autre côté, on est revenus, on a erré, et voici deux trois photos de ce moment parmi d’autres qui font que Novi Sad est fichée dans ma mémoire et aussi pas mal dans mon cœur.

Des Serbes et des Hurteloups à Nancy et Place Stanislas

Oui, oui, j’ai encore des photos du Chœur de Chambre de Novi Sad lors du festival de chant choral de Nancy. Oui oui oui. Et y’en aura encore. Et puis comme je vais aller les voir à domicile en octobre, y’en aura encore des autres cette année. Sauf que comme ce sera pas en Lorraine, ce sera sur mon autre blog bien des trucs qui sont pas en Lorraine de quand j’suis ailleurs. Tiens donc, hé.

On notera juste que sur les dernières photos, les mariés présents sont un couple tombé nez à nez avec nos Serbes en maraude à la sortie de l’Hôtel; ils ont donc eu droit à quelques joyeux chants au débotté, ce qui fait des jolies photos, et, je l’imagine, de jolis souvenirs pour eux.

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Je précise que vous voyez ici le chef de chœur, Bozidar Crnjanski, sympathique, rigoureux, exigeant et amical. Tout ça, oui.

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L’arrivée du Novosadski Kamerni Hor à Loisy

Hé mais oui, mais j’ai passé une tellement bonne semaine que je vais encore quelques temps te tanner le cuir avec ces journées de suivi du festival de chant choral. Mais je vais essayer d’en faire un billet «secondaire», on va dire, chaque jour, histoire que ça ne prenne pas non plus toute la place. J’ai conscience que si certaines et certains sont très intéressés par ces billets, certains et certaines ne sont pas bien passionnés et attendent de savoir où diable j’ai encore été trainer dernièrement en Lorraine. Donc, je panache. Par ces jours de grosses chaleurs moites, c’est en passant une boisson salvatrice. Le panaché. Mais prends bien soin de le concocter toi même avec la bière de ton choix (la Ancre s’y prête bien, on la trouve pas mal en grandes surfaces en Moselle) et la limonade de ton choix (faut un peu casser sa tirelire, mais les gens de Soultzmatt et de Munster en font de bonnes). Au final, ce sera plus à ton goût, moins cher et plus joyeux que les canettes pourries de panaché au rabais, blindé de sucre (alors que c’est quand même déjà pas mal dans son genre…) et d’arômes fallacieux qu’on trouve comme ça dans les rayons.

On s’éloigne du sujet, non? Oui. Donc, l’arrivé chez les Hurteloups du Novosadski Kamerni Hor à Loisy, chœur un peu classe venu de Serbie. Et sinon j’en profite quand même: moi, je suis habitué aux festoches genre punk, saturation, bière, larsen. Voilà. J’adore ça. Du coup, festival de chant choral, bon. C’est pas très glamour a priori. Mais c’est oublier que quand plein de gens se mettent à chanter ensemble des choses harmonieuses, à moins d’être un cyborg synthétique, ça te hérisse le poil quand même. Pourquoi tu crois que certains chants (révolutionnaires mais c’est très loin d’être obligé) sont émouvants aux larmes? Parce que des gens chantent ensemble… voilà. C’est tous les deux ans. Tu dois venir dans deux ans. Vraiment. Sans déconner.

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Des Serbes aux Prémontrés de Pont-à-Mousson -1-

L’abbaye des Prémontrés, Pont-à-Mousson, ça te cause? Moi, je suis pas un grand fan; non qu’elle manque d’intérêt en général, mais elle en manque en particulier, pour moi. C’est un type d’architecture qui ne m’attire guère. C’est comme ça, hein, chacun voit midi à sa porte. Même si je n’ai pas de cadran solaire, et que quand je suis à la maison, j’entends plus midi à ma porte quand les gamins de l’école montent manger en haut de ma rue à la salle polyvalente.

Au demeurant, pour rendre une architecture intéressante, qu’elle te plaise ou non, fous des gens dedans, et tout de suite ça va mieux. C’est pourquoi voici, en toute tranquillité, la visite des Serbes du Novosadski Kamerni Hor, évoqué dans les billets précédents, qui entonnèrent la chansonnette dans l’abbatiale pour mon plus grand plaisir. Et celui des gens présents, je le suppose.

Bennage de série, en deux parties.

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Novosadski Kamerni Hor/Novi Sad Chamber Choir – Salle Poirel

Je t’avais prévenu, qu’il y aurait du chœur serbe, aussi. Moi, tu vois, la photo de concert, c’est pas trop mon truc, et je ne suis pas bien calé. Mais en deux jours, qu’est-ce que j’apprends! C’est en forgeant…

Les Serbes, là, ils ont une maîtrise de leur sujet qui est impressionnante. Je ne suis pas un grand habitué des chorales (à part les chorales de punks avinés qui chantent du Banda Bassotti le plus mal mais aussi le plus fort possible), mais là, pas besoin de grandes connaissances en la matière pour très vite comprendre qu’on a des gens costauds devant nous. Très costauds. Des gens qui même, sur certains morceaux, te foutent le frisson.

Bon, c’est des Serbes aussi, je peux pas être complètement objectif. Si la Serbie avait existé comme ça quand j’étais petit, j’aurais sûrement voulu faire Serbe plus tard. En parlant d’objectif, depuis trois jours que je les suis, le chœur est formé de telle sorte que les gars sont toujours à l’arrière. Il y a sûrement de bonnes raisons, mais pour les photographier en action, c’est un peu compliqué. Du coup, on ne voit quasiment que les filles. Ce n’est pas foncièrement désagréable au demeurant, mais quand même un peu frustrant au bout du troisième torticolis pour essayer de mettre un gars dans la boîte. Que ces messieurs du fond m’excusent, donc, pour leur rareté sur les images.

Qu’est-c’te veux? C’est la vie, mon pauvre ami.

(en espérant ne pas trop vous crever les yeux avec le rouge pétant de certaines photos… c’est en forgeant, donc…)

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Ah tiens!

Le 9 septembre, c’est pas tout de suite, hein?

Puisqu’elle se termine le 9 septembre, tu peux aller voir l’exposition de Sylvain « copain » Raybaud à la Galerie 9 à Nancy, rue Gustave Simon, c’est bel et beau, avec le monsieur qui te parle de son travail, de son voyage par la route jusqu’en Arménie et a pour l’occasion mis des habits propres, et rien que pour ça, on y va. En plus, toi, tu peux venir en sale, parce que c’est détendu. Que demande le peuple?

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Agad’ moi ça comme il est tout fringant not’ Sylvain. Moi des gars fringants comme ça, ça me donne envie d’aller voir leur expo.

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Et la Nataša, qui est Serbe ET Croate, et qui pose fort à propos devant des photos de Voïvodine et de Novi Sad où elle habite? Hein? C’est aussi ça Nancy. Tu y viens en vacances, et on t’y emmène voir des photos de chez toi. Nancy c’est la ville la plus pertinente du marché des villes intelligentes.

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Tiens, à droite il a même trouvé une carte en papier sur laquelle il a marqué son itinéraire avec un feutre. Agissant ainsi sans Google Maps, ni Mappy, ce qui fait de lui un artisan de talent.

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Tout ça pour te dire que son expo, elle est chouette, et pas seulement parce que c’est un bon copain qui en plus a photographié une Serbie très chère à mon cœur. Je crois vraiment que c’est bien. En plus, ses très courts textes, accompagnant les photos avec logique, sont particulièrement bien foutus. Quel bougre talentueux.