Le parc Madame de Graffigny

Rien que ça! « Madame de Graffigny ». On est bien chez les vieux riches sur les hauts de Villers-lès-Nancy, diront les mauvaises langues prolo bien pendues depuis la cuvette, vers Tomblaine ou Jarville. Ça frise l’anecdote à la Friant, mais en revenant du vieux cimetière de Villers-lès-Nancy, par exemple, tu ne peux objectivement pas rejeter un petit tour par ce parc qui se situe sur ton chemin. Pourquoi? Parce qu’il est beau comme tout, hé, banane. Et que perché comme il est, les Nancéiens y viennent assez peu, préférant s’entasser à la Pépinière cul contre cul, ou jouer les bourgeois romantiques à Sainte-Marie (c’était gratuit, profitez-en, ça me fait plaisir) (d’autant que Sainte-Marie, je l’aime beaucoup aussi). Bref, Madame de Graffigny, c’est recommandable et paisible. Très. Et sur ce festival de clichés nancéiens, je vous dis bonne journée, les aminches.

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De la rue Pasteur à Nancy-Thermal, en passant par le lycée Chopin

Ce qui nous fait passer par le lycée Chopin, où je terminai mon collège après un redoublement extrêmement chaotique dans un autre établissement, me refaisant une virginité, enchaînant sur un lycée. La grande majorité des copains et copines de cette époque sont toujours des proches. Ou restent des amis de loin en loin. Ce n’est pas tant l’établissement en lui-même que les gens que j’y ai connu qui m’ont marqué. C’est une époque, quoi. Le parc Sainte-Marie, où on se balançait des bouts de bois et des pommes de pin, et de la terre et même deux trois fois nos sacs en travers de la gueule dans des embuscades, incluant parfois des dommages collatéraux chez les passants. Pour ça j’étais à l’aise. Y’avait la piscine découverte Louison Bobet (célèbre constructeur de piscines de Nancy-Thermal, selon la blague absurde consacrée) où l’on voyait en 1997 des gens se baigner sous nos fenêtres de cours pendant qu’on nous assénait des sermons avant le bac. Remarque, là j’étais moins fier, me demander de me foutre torse poil devant des gens, c’était un peu trop pour moi. Et je ne suis toujours pas bien fan. Dans une ambiance de compétition de testostérone de piscine découverte en juin avec mes congénères adolescents, c’était d’autant plus hors de question, sans compter sous le regard des filles etc… non. Louison Bobet est toujours resté loin de moi, et j’étais mieux avec les embuscades buissonnières autistiques que nous nous menions mutuellement dans les couverts du parc. Rôliste or die, hein.

Du coup, ce quartier m’est familier, d’autant que ma mère a travaillé au Conseil Général, et même moi pendant un temps, à la fin des années 90 et au début des conséquentes années 2000. Et puis, quand j’étais à Chopin, au début, on a déménagé à Tomblaine. L’autre bout du monde! Moi tous mes copains étaient ici, entre le boulevard d’Haussonville et la place de la Croix de Bourgogne, alors j’étais plus souvent ici. Loin de ce Tomblaine qui m’était inconnu, et l’est beaucoup resté. Alors, aller en cours le matin, c’était un peu comme rentrer à la maison. Rue Pasteur, y’avait au collège une fille chouette, et au coin un bar très désagréable où j’ai très peu été, selon cet adage que les cours terminés, j’ai pas envie de m’infliger une sociabilité lycéenne qui m’a déjà pesé toute la journée, dans les griffes d’un patron qui me donnait un sentiment de vampire, trop heureux de ces tas de jeunes qui venaient lui faire son chiffre d’affaires et me paraissait du coup très faussement amical. Mon rapport étrange à l’argent et pas bien clair à l’intérêt individuel. Alors en général, fuite, sortie de la rue et squat chez les copains devant un film, une BD, une console ou parfois rien. Dans une forteresse, quoi, où on est toujours un peu plus à l’abri.

A l’époque, tiens, en passant, je ne savais pas que mon lycée avait été dessiné par Jean Bourgon, auteur du siège de Pont-à-Mousson à Nancy, où travaillait mon grand-père. Si je l’avais su, je sais pas si ça aurait été vraiment la biche: niveau séduction de gent féminine moyenne, au lycée, Jean Bourgon, c’est comme les embuscades à coups de bâtons au parc, c’est en général assez peu attirant…

(et merci Sylvie A., en passant, pour les vues depuis les étages de la rue Pasteur!)

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Belle journée à la Méchelle

Les jardins de la Méchelle, Tomblaine, 1998. Avant les projets débiles et hygiénistes proposant de les écraser de béton et de bitume pour faire plaisir à saint Con. Au premier plan, le potager du vieux Turc de la cité Fruhinsholz avec qui on faisait du troc, et aussi de la causette, ça va de soi. Ah bah c’est sûr qu’avec la grosse route pourrie bordée de gazon moche qui a pris la place de ce potager, on faisait moins de troc, et pis on causait moins du coup. Une route sans intérêt et un jardin, ça porte pas tout-à-fait les mêmes valeurs, faut dire.

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Ma bonne vieille Méchelle

Vue depuis Tomblaine vers la Méchelle à la fin des années 1990, au pied du pont de la Concorde, comme je l’ai connue longtemps, c’est-à-dire avec des vrais jardins sans parkings, sans accès à l’eau par une large route, sans redécoupage des rives (c’était un vrai étang, alors), avec des pêcheurs, et sans promenade clinquante et utile aux propres sur eux en roller. Dans le fond, il y avait encore la cheminée de la RIMMA que je n’aimais pas, et pourtant qui m’a fait une émotion bizarre quand j’ai assisté à son dynamitage. Tu ne l’aimes pas, mais elle fait partie de ta vie. C’est comme si un eugénisme bizarre était passé pour te rendre les choses meilleures malgré toi, et ce « malgré toi » est bien plus douloureux que de porter des laideurs.

Car moi aussi j’ai mes côtés réac’, bordel à cul! (de vierge enceinte, pour Monsieur Caussimon, qu’on peut écouter ci-dessous en se pâmant, pour accompagner ces quatre photos passéistes…).


 

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Meurthe-Canal version 2002 (Nancy)

Tiens? Encore un vieux quartier de Nancy qui agonisait avant d’être remplacé par du normalisé. Le quartier Meurthe-Canal, en 2002, au moment du chant du cygne (bien avancé), ou de la fameuse curée. Bon, dans le fond, je ne critique pas le fait de recycler, refaire, parfois détruire pour du mieux. Mais vu la gueule des quartiers efficaces et sans génie qui sont sortis de terre depuis, des Rives de Meurthe à l’horrible nouvelle version du Port-aux-Planches… bon, voilà quoi. Le projet de l’Île-de-Corse m’interpelle un peu plus. J’attends de voir ce que ça donnera.

L'ancienne gare Saint-Georges, incendiée, puis ici en cours de démolition
L’ancienne gare Saint-Georges, incendiée, puis ici en cours de démolition
La Méchelle, en passant vite fait sur l'autre rive de la Meurthe, lors des travaux qui lui ont donné son visage actuel respectable et bien-pensant, et qui au détriment des jardins qui y survivent devrait carrément devenir rentable et performante, en plus. Et morte, aussi.
La Méchelle, en passant vite fait sur l’autre rive de la Meurthe, lors des travaux qui lui ont donné son visage actuel respectable et bien-pensant, et qui au détriment des jardins qui y survivent devrait carrément devenir rentable et performante, en plus. Et morte, aussi.
Du côté du Chemin des Cinq Piquets et de "Nancy-Bâches", il ne reste déjà plus grand-chose
Du côté du Chemin des Cinq Piquets et de « Nancy-Bâches », il ne reste déjà plus grand-chose
Du côté du Chemin des Cinq Piquets et de "Nancy-Bâches", il ne reste déjà plus grand-chose
On vient buter sur le canal du côté de la rue du Progrès.
Le quartier du Port-aux-Planches
Le quartier du Port-aux-Planches
Le quartier du Port-aux-Planches
Le quartier du Port-aux-Planches
L'ancien club d'aviron, qui, lui, est toujours là aujourd'hui. De plus en plus irrécupérable, avec un avenir de moins en moins probable.
L’ancien club d’aviron, qui, lui, est toujours là aujourd’hui. De plus en plus irrécupérable, avec un avenir de moins en moins probable*.
L'ancienne gare Saint-Georges, incendiée, puis ici en cours de démolition
L’ancienne gare Saint-Georges, incendiée, puis ici en cours de démolition
La voie ferrée Saint-Georges
La voie ferrée Saint-Georges

*NOTE: Entretemps, une personne qui suite la page Facebook (eh ouais, groovy baby) me contredit et me fait savoir que la mairie serait bien décidée à y développer un projet de guinguette. On notera que je suis bien content qu’on me contredise pour m’annoncer des trucs comme ça.

Nancy depuis la butte Sainte-Geneviève

 

Et ce type, dans les années 90, dans une émission à grande audience sur le thème de la vulgarité, quand animateurs et invités commençaient à avoir épuisé tout l’outrancier bite couille nichon et tournaient sévèrement en rond, qui d’un coup, dit, comme ça: « pour moi la vulgarité, ce n’est pas le sexe. La vulgarité, c’est la sortie des villes ». J’en ai déjà causé. Mais ça m’avait marqué.

Ici, la sortie Est de Nancy, que je n’aime pas. Le bout d’Essey, et Seichamps, Pulnoy, jolis villages noyés dans un océan de pavillons et de zones commerciales, qui déstructurent l’espace et rendent obsolète toute notion d’orientation et de structuration du temps…

Le matin de l’orage dont on parle 5 – Pour en finir, rue Jean XXIII, rue Charcot, rue Barthou et au-delà…

Voilà, à une semaine de l’inondation, il n’en reste que peu de marques, on a nettoyé, rangé, lavé. Mais ça c’est vu de l’extérieur. Parce que c’est sans oublier qu’à l’intérieur des maisons, sous les maisons, on lutte toujours contre l’eau, l’humidité, la moisissure et la disparition de ses biens, et de ses vieux souvenirs noyés…

Et puis la factrice qui zigzaguait au milieu du caillon, et distribuait le courrier. Très classe. A cette occasion, souviens-toi que al prochaine fois que tu râles contre la Poste, fous la paix à la postière, fous la paix au monsieur du guichet, qui sont des gens comme toi, et vas t’adresser, si nécessaire par le truchement d’une arme contondante, aux directions et à leurs managers débiles mentaux car frais émoulus des écoles de commerce et de management de merde, dont on se demande une seconde quel rapport elles ont avec un service public, si ce n’est collectif et essentiel comme celui-ci. Andate a morire ammazzati, tas d’cons.

En passant, une pensée pour le vieux salon de coiffure de l’Antonio, et une pensée pour sa fille, que j’aimais bien. Et bon courage à la personne qui a repris, et que je ne connais pas.

Au château de la Meurthe à Saint-Max, sur la place devant la bibliothèque municipale, il n’y a plus de sable dans les cagettes à pétanque. Et puis la place elle-même est un peu ravinée…

Au bord de la Meurthe, le chantier du Jéricho a coulé gentiment sur le chemin. Donnant lieu à quelques contorsions…

Voilà, on en termine avec ce matin du 22 mai 2012. Du moins en images.