Il suffit de passer le col…

… pour finir les pieds dans l’eau, cette ancienne manufacture d’impression ayant quelques problèmes de toiture. Mais la friche industrielle sous la pluie, c’est toujours le mieux du mieux comme dit Émile. C’est un peu comme si l’usine continuait à transpirer toute la sueur versée ici. C’est aussi un concert de sons aquatiques divers et variés, c’est l’eau qui goutte ici, qui dévale là, qui stagne enfin autre part. C’est la friche sous la pluie (et même qu’à la fin il refait beau).

Des cuves et une cheminée

Comme je suis le mec le plus honnête du monde, je t’avoue que ces photos ont été prises en Alsace. Qu’est-ce que je dois te dire d’autre… ah oui qu’elles sont pas neuves, que j’ai pas la moindre idée de l’état actuel du machin et c’est déjà pas mal. Qu’il pleuvait sa race, que c’était assez oppressant comme endroit, que c’était pas fastoche de rentrer (à mon niveau d’audace hein… pour moi enjamber deux parpaings c’est déjà la grande aventure) et que c’était pas du tout prévu, genre arrêt inopiné sur la route en croisant le machin. Et que bon, si t’aimes pas les cuves et les cheminées, je suis désolé pour toi.

Les jolis navires industriels de Gérardmer

Soleil d’hiver (une très jolie chanson trop ignorée, tiens), Gérardmer, restes de neige de la veille, mais le redoux, déjà. La ville est luisante. Et là, Gérardmer est à mon avis sous son meilleur jour. En particulier en ce qui concerne l’architecture. De bien belles choses souvent connotées années 50, puisque la ville a été fortement abîmée pendant l’hiver 1944-1945. Certains immeubles sont très intéressants, et même beaux. L’industrie textile, elle, a aussi donné lieu à de fameux navires, tels que celui de Blanc des Vosges, un peu en retrait du centre touristique, mais qui mérite le détour. Je l’aime beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Surtout sous le soleil d’hiver.

 

Un après-midi d’été en Lorraine -3- Liverdun

Bon, c’est sûr que vu la gueule à septembre, pas très indien, ou alors bien du nord, mon après-midi d’été paraît loin. Mais il n’empêche. Me voici soudain à Liverdun. La Moselle papillonne là. Au pied de Liverdun. Sur son cours, les arbres s’inclinent, et c’est toute la lourdeur étouffante de cette journée d’été qui se trouve sous ce couvercle. L’eau a une couleur profonde, elle semble profonde, elle est épaisse, même elle ne saurait être fraîche, mais pourtant sa vue rassure. Les insectes volent comme au ralenti, parfois un léger souffle vient rider la surface. Filtré par les arbres, se reflétant dans l’eau, la lumière semble vaporeuse, glissante, la rivière ne coule pas, elle suinte. La Moselle en été.